Principes élémentaires de philosophie - Georges Politzer
Sommaire :
Biographie de Politzer
Préface par Maurice Le Goas
Avertissement des éditeurs
Première partie - LES PROBLEMES PHILOSOPHIQUES
Introduction…………………………………………………………………………………………………………………..……..p.10
I. Pourquoi devons-nous étudier la philosophie ?
Qu'est-ce que la pratique ? C'est le fait de réaliser. Par exemple, l'industrie, l'agriculture réalisent
(c'est-à-dire : font passer dans la réalité) certaines théories (théories chimiques, physiques ou
biologiques).
Qu'est-ce que la théorie ? C'est la connaissance des choses que nous voulons réaliser.
II. L'étude de la philosophie est-elle une chose difficile ?
III. Qu'est-ce que la philosophie ?
IV. Qu'est-ce que la philosophie matérialiste ?
Nous nous proposons d'étudier dans cet ouvrage premièrement le matérialisme, puis le matérialisme
dialectique et enfin le matérialisme historique. Mais, avant tout, nous voulons établir les rapports entre
le matérialisme et le marxisme.
V. Quels sont les rapports entre le matérialisme et le marxisme ?
Pour le marxiste, la lutte des classes comprend :
a. Une lutte économique.
b. Une lutte politique.
c. Une lutte idéologique.
Le problème doit donc être posé simultanément sur ces trois terrains.
VI. Campagnes de la bourgeoisie contre le marxisme
Chapitre premier. — Le problème fondamental de la philosophie………………………………………………………………….p.13
I. Comment devons-nous commencer l'étude de la philosophie ?
II. Deux façons d'expliquer le monde
III. La matière et l'esprit
Nous classons donc ainsi les choses : d'une part, celles qui sont matérielles ; d'autre part, celles qui ne
sont pas matérielles et qui sont du domaine de l'esprit, de la pensée, des idées.
C'est ainsi que les philosophes se sont trouvés en présence de la matière et de l'esprit.
IV. Qu'est-ce que la matière ? Qu’est-ce que l'esprit ?
Pour définir ce qu'est la pensée ou l'esprit, et l'être ou la matière, nous dirons :
La pensée, c'est l'idée que nous nous faisons des choses ; certaines de ces idées nous viennent
ordinairement de nos sensations et correspondent à des objets matériels ; d'autres idées, comme celles
de Dieu, de la philosophie, de l'infini, de la pensée elle-même, ne correspondent pas à des objets matériels. L'essentiel, que nous devons retenir ici, c'est que nous avons des idées, des pensées, des
sentiments, parce que nous voyons et que nous sentons.
La matière ou l'être, c'est ce que nos sensations et nos perceptions nous montrent et nous présentent,
c'est, d'une manière générale, tout ce qui nous entoure, ce qu'on appelle le « monde extérieur ».
Exemple : Ma feuille de papier est blanche. Savoir qu'elle est blanche, c'est une idée, et ce sont mes
sens qui me donnent cette idée. Mais la matière, c'est la feuille elle-même.
V. La question ou le problème fondamental de la philosophie
VI. Idéalisme ou matérialisme
L'idéalisme et le matérialisme dont donc deux réponses opposées et contradictoires au problème
fondamental de la philosophie.
L'idéalisme, c'est la conception non-scientifique. Le matérialisme, c'est la conception scientifique du
monde.
Chapitre II. — L'idéalisme……………………………………………………………………………………….………………….p.16
I. Idéalisme moral et idéalisme philosophique
II. Pourquoi devons-nous étudier l'idéalisme de Berkeley ?
III. L'idéalisme de Berkeley
IV. Conséquences des raisonnements « idéalistes »
La thèse étant : « Tout n'existe que dans notre esprit », on doit en conclure que le monde extérieur
n'existe pas.
En poussant ce raisonnement jusqu'au bout, nous en arriverions à dire: « Je suis seul à exister, puisque
je ne connais les autres hommes que par mes idées, que les autres hommes ne sont pour moi, comme
les objets matériels, que des collections d'idées. » C'est ce qu'en philosophie on appelle le solipsisme
(qui veut dire seul-moi-même).
V. Les arguments idéalistes
La base des arguments de toutes les philosophies idéalistes se trouvant dans les raisonnements de
l'évêque Berkeley, nous allons donc, pour résumer ce chapitre, essayer de dégager quels sont ces
principaux arguments et ce qu'ils tentent de nous démontrer.
1. L'esprit crée la matière.
C'est là, nous le savons, la réponse idéaliste à la question fondamentale de la philosophie; c'est la
première forme de l'idéalisme qui se reflète dans les différentes religions, où l'on affirme que l'esprit a
créé le monde.
Cette affirmation peut avoir deux sens :
Ou bien, Dieu a créé le monde, et celui-ci existe réellement, en dehors de nous. C'est l'idéalisme
ordinaire des théologies. (La théologie est la « science » (!). qui traite de Dieu et des choses divines.)
Ou bien, Dieu a créé l'illusion du monde en nous donnant des idées qui ne correspondent 'à aucune
réalité matérielle. C'est l'« idéalisme immatérialiste » de Berkeley, qui veut nous prouver que l'esprit
est la seule réalité, la matière étant un produit fabriqué par notre esprit.
C'est pourquoi les idéalistes affirment que :
2. Le monde n'existe pas en dehors de notre pensée.
C'est ce que Berkeley veut nous démontrer en affirmant que nous faisons une erreur en attribuant aux
choses des propriétés et des qualités qui leur seraient propres, alors que celles-ci n'existent que dans
notre esprit.
Pour les idéalistes, les bancs et les tables existent bien, mais seulement dans notre pensée, et non pas
en dehors de nous, car
3. Ce sont nos idées qui créent les choses.
Autrement dit, les choses sont le reflet de notre pensée. En effet, puisque c'est l'esprit qui crée l'illusion
de la matière, puisque c'est l'esprit qui donne à notre pensée l'idée de la matière, puisque les sensations
que nous éprouvons devant les choses ne proviennent pas des choses elles-mêmes, mais seulement de
notre pensée, la source de la réalité du monde et des choses est notre pensée et, par conséquent, tout ce
qui nous entoure n'existe pas en dehors de notre esprit et ne peut être que le reflet de notre pensée.
Mais comme, pour Berkeley, notre esprit serait incapable de créer par lui seul ces idées, et que,
d'ailleurs, il n'en fait pas ce qu'il veut (comme cela arriverait s'il les créait de lui-même), il faut
admettre que c'est un autre esprit plus puissant qui en est le créateur. C'est donc Dieu qui crée notre
esprit et nous impose toutes les idées du monde que nous y rencontrons.
Chapitre III. — Le matérialisme…………………………………………………………………………………….……………….p.21
I. Pourquoi devons-nous étudier le matérialisme ?
II. D'où vient le matérialisme ?
III. Comment et pourquoi le matérialisme a évolué
IV. Quels sont les principes et les arguments des matérialistes ?
Les matérialistes affirment d'abord qu'il y a un rapport déterminé entre l'être et la pensée, entre la
matière et l'esprit. Pour eux, c'est l'être, la matière, qui est la réalité première, la chose première, et
l'esprit qui est la réalité seconde, postérieure, dépendant de la matière.
Donc, pour les matérialistes, ce n'est pas l'esprit ou Dieu qui ont créé le monde et la matière, mais c'est
le monde, la matière, la nature qui ont créé l'esprit :
L'esprit n'est lui-même que le produit supérieur de la matière. (Friedrich Engels : Ludwig
Feuerbach, p. 18.)
Chapitre IV. — Qui a raison, l'idéaliste ou le matérialiste ?...............................................................................................................p.24
I. Comment nous devons poser le problème
Les idéalistes affirment :
1. Que c'est l'esprit qui crée la matière;
2. Que la matière n'existe pas en dehors de notre pensée, qu'elle n'est donc pour nous qu'une illusion ;
3. Que ce sont nos idées qui créent les choses. Les matérialistes, eux, affirment exactement le
contraire.
Pour faciliter notre travail, il faut d'abord étudier ce qui tombe sous le sens commun et ce qui nous
étonne le plus.
II. Est-il vrai que le monde n'existe que dans notre pensée ?
III. Est-il vrai que ce sont nos idées qui créent les choses ?
IV. Est-il vrai que l'esprit crée la matière ?
Ainsi que nous l'avons vu plus haut, l'esprit, pour les idéalistes, a sa forme suprême en Dieu. Il est la
réponde finale, la conclusion de leur théorie, et c'est pourquoi le problème esprit-matière se pose en
dernière analyse, de savoir qui, de l'idéaliste ou du matérialiste, a raison, sous la forme du problème : «
Dieu ou la science ».
V. Les matérialistes ont raison et la science prouve leurs affirmations
Chapitre V. — Y a-t-il une troisième philosophie ? L'agnosticisme……..………………………………………………………….p.28
I. Pourquoi une troisième philosophie ?
II. Argumentation de cette troisième philosophie
C'est pourquoi on appelle cette philosophie l'agnosticisme (du grec a, négation, et gnosticos, capable
de connaître ; donc « incapable de connaître »).
III. D'où vient cette philosophie ?
IV. Ses conséquences
V. Comment réfuter cette « troisième » philosophie
VI. Conclusion
Questions de contrôle
Deuxième partie - LE MATERIALISME PHILOSOPHIQUE
Chapitre premier. — La matière et les matérialistes………………………………………………….……………………………..p.33
I. Qu'est-ce que la matière ?
II. Théories successives de la matière
III. Ce qu'est la matière pour les matérialistes
IV. L'espace, le temps, le mouvement et la matière
V. Conclusion
Chapitre II. — Que signifie être matérialiste ?....................................................................................................................................p.36
I. Union de la théorie et de la pratique
II. Que signifie être partisan du matérialisme dans le domaine de la pensée ?
III. Comment est-on matérialiste dans la pratique ?
IV. Conclusion
Chapitre III. — Histoire du matérialisme………………………………………………………………...………………………….p.39
I. Nécessité d'étudier cette histoire
II. Le matérialisme prémarxiste :
1. L'antiquité grecque
Héraclite, que l'on appelle le « père de la dialectique », disait :
Rien n'est immobile; tout coule; on ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve, car il n'est
jamais, en deux instants successifs, le même : d'un instant à l'autre, il a changé ; il est devenu autre.
Héraclite, le premier, cherche à expliquer le mouvement, le changement et voit dans la contradiction
les raisons de l'évolution des choses.
2. Le matérialisme anglais
3. Le matérialisme en France
4. Le matérialisme du XVIIIe siècle
III. D'où vient l'idéalisme ?
IV. D'où vient la religion ?
V. Les mérites du matérialisme prémarxiste
VI. Les défauts du matérialisme prémarxiste
Questions de contrôle
Troisième partie - ETUDE DE LA METAPHYSIQUE
Chapitre unique. — En quoi consiste la « méthode métaphysique »……………………………………..…………………………p.49
I. Les caractères de cette méthode
1. Premier caractère: Le principe d'identité
2. Deuxième caractère : Isolement des choses
3
3. Troisième caractère : Divisions éternelles et infranchissables
4. Quatrième caractère: Opposition des contraires
II. Mise au point
III. La conception métaphysique de la nature
IV. La conception métaphysique de la société
V. La conception métaphysique de la pensée
VI. Qu'est-ce que la logique ?
VII. L'explication du mot : « métaphysique »
Questions de contrôle
Quatrième partie - ETUDE DE LA DIALECTIQUE
Chapitre premier. — Introduction à l'étude de la dialectique………………………………………………………………………..p.59
I. Précautions préliminaires
Pris dans son sens étymologique, le terme de dialectique signifie simplement Fart de discuter, et c'est
ainsi que l'on entend souvent dire d'un homme qui discute longuement, et même aussi par extension de
celui qui parle bien : c'est un dialecticien !
Ce n'est pas dans ce sens que nous allons étudier la dialectique. Elle a pris, au point de vue
philosophique, une signification spéciale.
La dialectique, dans son sens philosophique, contrairement à ce que l'on pense, est à la portée de tous,
car c'est une chose très claire et sans mystère.
II. D'où est née la méthode dialectique ?
III. Pourquoi la dialectique a-t-elle été longtemps dominée par la conception métaphysique ?
IV. Pourquoi le matérialisme du XVIII" siècle était-il métaphysique ?
V. Comment est né le matérialisme dialectique : Hegel et Marx
Si nous demandons comment s'est opérée cette transformation du matérialisme métaphysique en
matérialisme dialectique, on répond généralement en disant :
1. Il y avait le matérialisme métaphysique, celui du XVIIIe siècle ;
2. Les sciences ont changé ;
3. Marx et Engels sont intervenus ; ils ont coupé le matérialisme métaphysique en deux ; abandonnant
la métaphysique, ils ont gardé le matérialisme en y ajoutant la dialectique.
Chapitre II. — Les lois de la dialectique. — Première loi : le changement dialectique…………………………………………….p.64
I. Ce que l'on entend par le mouvement dialectique
Si nous voulons étudier la pomme en nous plaçant du point de vue dialectique, nous nous placerons du
point de vue du mouvement ; non pas du mouvement de la pomme lorsqu'elle roule et se déplace, mais
du mouvement de son évolution. Alors nous constaterons que la pomme mûre n!3 pas toujours été ce
qu'elle est. Auparavant, elle était une pomme verte. Avant d'être une fleur, elle était un bouton ; et,
ainsi, nous remonterons jusqu'à l'état du pommier à l'époque du printemps. La pomme n'a donc pas
toujours été une pomme, elle a une histoire; et, aussi bien, ne restera-t-elle pas ce qu'elle est. Si elle
tombe, elle pourrira, elle se décomposera, elle libérera ses pépins, qui donneront, si tout va bien, une
pousse, puis un arbre. Donc la pomme n'a pas toujours été ce qu'elle est et ne restera pas non plus
toujours ce qu'elle est.
II. « Pour la dialectique, il n'y a rien de définitif, d'absolu, de sacré... » (Engels)
III. Le processus
Nous voyons donc que le mouvement dialectique contient en lui le processus, l'autodynamisme, qui en
est l'essentiel. Car tout mouvement ou changement n'est pas dialectique. Si nous prenons une puce, que
nous allons étudier du point de vue dialectique, nous dirons qu'elle n'a pas toujours été ce qu'elle est et
qu'elle ne sera pas toujours ce qu'elle est ; si nous l'écrasons, certes, il y aura là pour elle un
changement, mais ce changement sera-t-il dialectique ? Non. Sans nous, elle ne serait pas écrasée. Ce
changement n'est donc pas dialectique, mais mécanique.
Chapitre III. — Deuxième loi : l’action réciproque…………………………………………………………………………………p.67
I. L'enchaînement des processus
Mais le dialecticien, lui, voit tous les enchaînements de processus qui aboutissent d'une part à la
pomme, de l'autre à l'Université Ouvrière. Le dialecticien rattache le fait particulier, le détail, à
l'ensemble.
Il rattache la pomme à l'arbre, et il remonte plus loin, jusqu'à la nature dans son ensemble. La pomme
est non seulement le fruit du pommier, mais aussi le fruit de toute la nature.
L'Université Ouvrière est non seulement le « fruit » du prolétariat, mais aussi le « fruit » de la société
capitaliste.
La société capitaliste ne doit donc pas être considérée, elle non plus, comme un « complexe de choses
achevées », mais, au contraire, doit être étudiée aussi comme un complexe de processus.
La dialectique juge d'une façon opposée. Elle ne considère pas les choses en tant qu'« objets fixés »,
mais en « mouvement ». Pour elle, aucune chose ne se trouve achevée; elle est toujours la fin d'un
processus et le commencement d'un autre processus, toujours en train de se transformer, de se
développer. C'est, pourquoi nous sommes si sûrs de la transformation de la société capitaliste en
société socialiste.
II. Les grandes découvertes du XIXe siècle
1. La découverte de la cellule vivante et de son développement
2. La découverte de la transformation de l'énergie
3. La découverte de l'évolution chez l'homme et les animaux
III. Le développement historique ou développement en spirale
IV. Conclusion
Chapitre IV. — Troisième loi : la contradiction……………………………………………………………………………………..p.71
I. La vie et la mort
II. Les choses se transforment en leur contraire
III. Affirmation, négation et négation de la négation
IV. Faisons le point
V. L'unité des contraires
VI. Erreurs à éviter
VII. Conséquences pratiques de la dialectique
Chapitre V. — Quatrième loi : transformation de la quantité en qualité ou loi du progrès par bonds…………………...………….p.80
I. Réformes ou révolution ?
1. L'argumentation politique
2. L'argumentation historique
3. L'argumentation scientifique
II. Le matérialisme historique :
1. Comment expliquer l'histoire ?
2. L'histoire est l'œuvre des hommes
Questions de contrôle
Cinquième partie - LE MATERIALISME HISTORIQUE
Chapitre premier. — Les forces motrices de l'histoire………………………………………………………………………………p.85
I. Une erreur à éviter
II. L'« être social » et la conscience
III. Théories idéalistes
IV. L' « être social » et les conditions d'existence
V. Les luttes des classes, moteur de l'histoire
Chapitre II. — D'où viennent les classes et les conditions économiques ?.........................................................................................p.88
I. Première grande division du travail
II. Première division de la société en classes
III. Deuxième grande division du travail
IV. Deuxième division de la société en classes
V. Ce qui détermine les conditions économiques
VI. Les modes de production
VII. Remarques
Questions de contrôle
Sixième partie - LE MATERIALISME DIALECTIQUE ET LES IDEOLOGIES
Chapitre unique. — Application de la méthode dialectique aux idéologies……………………………………………...…………p.93
I. Quelle est l'importance des idéologies pour le marxisme ?
Cela est faux. Le marxisme ne nie pas le rôle important que l'esprit, l'art, les idées ont dans la vie. Bien
au contraire, il attache une importance particulière à ces formes idéologiques et nous allons terminer
cette étude des principes élémentaires du marxisme en examinant comment la méthode du
matérialisme dialectique s'applique aux idéologies ; nous allons voir quel est le rôle des idéologies
dans l'histoire, l'action du facteur idéologique et ce qu'est la forme idéologique
II. Qu'est-ce qu'une idéologie ? (Facteur et formes idéologiques)
III. Structure économique et structure idéologique
IV. Conscience vraie et conscience fausse
V. Action et réaction des facteurs idéologiques
VI. Méthode d'analyse dialectique
VII. Nécessité de la lutte idéologique
VIII. Conclusion
Questions de contrôle
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