dimanche 22 mars 2026

La destination de l'homme - Fichte

 La destination de l'homme - Fichte

Il me reste à rappeler à des lecteurs, rares  est vrai, que le Moi, qui parle dans le livre, n’est pas du tout l’auteur, et que celui-ci souhaite au contraire que  son lecteur devienne ce Moi. Le lecteur ne doit pas entendre comme un pur objet d’histoire ce qui est dit ici ; mais il doit effectivement, au cours de la lecture, parler avec lui-même, peser le pour et le contre, tirer des conclusions, prendre des résolutions, comme son représentant dans le livre, et, par son propre travail et sa réflexion personnelle, tirer de son propre fonds, développer et construire en lui-même la façon de penser dont ce livre ne lui présente que l’image.

DOUTE

Et ainsi de suite. Toutes ces questions demeurent sans réponse, et ma pensée à cet égard est indéterminée, tant assurément que je me propose de penser non pas un arbre particulier, mais l’arbre en général. Seulement, à cet arbre en général, je dénie l’existence réelle, justement parce qu’il est indéterminé. Tout ce qui est réel a un nombre déterminé de toutes les propriétés possibles du réel en général, et a chacune d’elles dans une mesure déterminée, aussi certainement qu’il est réel; bien que je me résigne à ne pouvoir épuiser peut-être en totalité les propriétés d’un objet, ni à leur appliquer la mesure.

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Les deux facteurs : la détermination intérieure de la force par elle-même et la détermination extérieure par les circonstances doivent se combiner pour produire une modification.

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L' Esprit. — Ne te laisse pas dérouter par cela. Tu ne prends connaissance des actes de ton esprit qu’en passant par un état d’indétermination et d'irrésolution dont tu prends, également conscience et auquel ces actes mettent fin. Dans notre cas il n'y a pas d’indécision de ce genre ; l’esprit n'a pas à se demander d’abord quel objet  il lui faut ajouter à sa perception déterminée ; cela lui vient tout seul. Le langage philosophique emploie lui-même des termes différents. Un acte de l'esprit dont nous avons conscience comme tel s'appelle liberté. Un acte où il n'y a pas conscience de l’acte s'appelle une simple spontanéité. Note bien ceci : je ne suppose nullement que tu aies la conscience immédiate d’un acte comme tel ; je dis simplement qu’à la réflexion tu constates que ce doit être un acte. La question plus haute : Qu’est-ce qui maintient cette irrésolution et nous empêche d’avoir conscience de notre acte? trouvera d’elle-même, je pense, sa solution plus tard.
Cet acte de ton esprit, on l’appelle penser

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L'Esprit. — Et sur quoi serait-elle fondée ?

Moi. Je suis intelligence et j’ai la conscience en moi-même. Leur séparation est la condition, le résultat de la conscience en général. Tout comme celle-ci elle a donc son fondement en moi-même.

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Moi. — Parfaitement. Et je crois être parvenu maintenant à saisir de la manière la plus complète comment se produit la représentation d'une chose hors de moi.

1.    J’ai conscience de moi, absolument,

parce que je suis, conscience de moi comme d’un être pratique d’une part, et d’autre part comme d’un être intelligent. La première de ces consciences est la    la

seconde est l'intuition, l’espace illimité.

2.    Je ne puis saisir l’illimité, car je suis moi-même limité. Je limite donc par la pensée un certain espace dans l’espace universel, et je pose le premier en un certain rapport avec le second.

3.    L’échelle de cet espace limité est la mesure de ma propre sensation ; conformément à un principe que l’on pourrait penser et exprimer comme suit : Ce qui m’affecte à tel ou tel degré est à poser, dans l’espace, dans tel ou tel rapport avec les autres choses qui m'affectent.
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CROYANCE

réel parce que je dois agir pour qu’il devienne réel. Ce n’est point parce que devant moi se trouve de quoi manger que j’ai faim, c’est parce que j'ai faim que je mange ceci ou cela.

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L’homme n’est pas un produit du monde sensible, et le but final de son existence ne peut être atteint dans ce monde sensible. Sa destination déborde le temps et l’espace et tout ce qui est sensible. Ce qu’il est et ce qu’il doit devenir par son effort, il faut qu’il en ait connaissance. 

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