Du connaitre et du sentir de l'âme humaine - Herder
Ce que nous savons, nous le savons seulement par analogie, analogie entre la création et nous et entre nous et le Créateur. Si donc je ne devais pas me fier à Lui, qui m’aurait placé moi dans ce cercle des sensations et de la ressemblance, qui ne m’aurait donné comme clef unique pour pénétrer dans l’intérieur des choses que mon empreinte ou bien plutôt l’image en miroir de Son esprit dans le mien? À qui devrais-je alors accorder foi et qui devrais-je croire? Des syllogismes ne peuvent rien m’enseigner, là où ce qui importe seul est la première conception de la vérité qui ne développe ceux-ci qu’une fois qu’elle a été conçue ; par conséquent le verbiage des définitions verbales et des preuves est seulement, la plupart du temps, un jeu se jouant sur un échiquier qui repose sur des règles et des hypothèses qui ont été admises.
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Le grand esprit qui souffle sur moi et me montre une voie, une loi singulière, en gros et en détail, dans le monde visible et invisible: voilà mon cachet de vérité.
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Notre connaissance n’est donc pas, même si c’est également bien sûr le soi le plus profond en nous, aussi autonome, volontaire et indépendante qu’on le croit.
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C’est alors que notre force s’éleva vers le haut, apprit à se sentir et à s’utiliser soi-même. Pendant longtemps et souvent toute notre vie durant, nous avançons en nous appuyant sur les béquilles que l’on nous a fournies dans la plus tendre enfance, nous-mêmes pensons mais seulement dans les formes dans lesquelles les autres ont pensé, nous connaissons ce que le doigt de telles méthodes nous indique; le reste est pour nous comme s'il n’existait pas du tout.
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On devrait être capable de considérer chaque livre comme l’empreinte d’une âme humaine vivante ; plus l’impression est vivante et vraie, moins l’auteur était dans la flatterie et se livrait à un misérable bavardage général entre les quatre coins des marges; comme il nous semble souvent étrange et singulier ce livre ! Souvent c’est une énigme sans solution, une pièce sans inscription: les lecteurs les plus superficiels, et généralement les plus creux, donc les plus bruyants de tous, les respectables critiques d’art, mesurent selon leu
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Un être humain, à différentes époques de sa vie, n’est pas le même, il pense différemment puisqu’il sent différemment. Tout le monde sait combien, surtout dans le cas de passions soudaines, notre tout premier jugement nous induit souvent en erreur; et combien au contraire la première impression n’a pas son pareil pour la fraîcheur et la nouveauté.
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Aucun meurtre n'est plus funeste que celui des trois nobles dons de Dieu: raison, sensation, langage.
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