Chemins qui ne mènent nulle part - Heidegger
— Dans la forêt, il y a des chemins qui, le plus souvent encombrés de broussailles, s’arrêtent soudain dans le non-frayé.
On les appelle Holzwege.
Chacun suit son propre chemin, mais dans la même forêt. Souvent, il semble que l’un ressemble à l’autre. Mais ce n’est qu’une apparence.
Bûcherons et forestiers s’y connaissent en chemins. Ils savent ce que veut dire : être sur un Holzweg, sur un chemin qui ne mène nulle part.
---
L'origine de l'oeuvre d'art
L’origine de l’artiste, c’est l’œuvre d’art. Aucun des deux n’est sans l’autre. Néanmoins, aucun des deux ne porte l’autre séparément L’artiste et l’œuvre ne sont en eux-mêmes et en leur réciprocité que par un tiers qui pourrait bien être primordial : à savoir ce d’où artiste et œuvre d’art tiennent leur nom, l’art.
---
L’œuvre d’art nous a fait savoir ce qu’est en vérité la paire de souliers. Ce serait la pire des illusions que de croire que c’est notre description, en tant qu’activité subjective, qui a tout dépeint ainsi pour l’introduire ensuite dans le tableau.
---
Dans l'œuvre d'art, la vérité de l'étant s’est mise en œuvre. « Mettre » signifie ici : instituer*. Un étant, une paire de souliers de paysan vient dans l'œuvre à l'instance dans le clair (das Lichte) de son être. L'être de l'étant vient à la constance de son rayonnement.
L'essence de l'art serait donc : le se mettre en œuvre de la vérité de l'étant. Mais l'art n'avait-il pas affaire jusqu'à présent au Beau et à la Beauté plutôt qu’à la Vérité ? Par opposition aux arts artisanaux qui fabriquent des produits, les arts qui produisent des œuvres sont appelés les beaux-arts.
---
L'oeuvre et la vérité
L’origine de l’œuvre d’art, c’est l’art Mais qu’est-ce que l’art ? L’art est réel dans l’œuvre. C’est pourquoi nous recherchons d’abord la réalité de l’œuvre. En quoi consiste-t-elle ?
---
Ceci ne peut s’éclaircir que si deux choses sont préalablement tirées au clair :
1° Que signifie ici être-créé et créer, par opposition i la fabrication et à l'être-fabriqué ?
2° En quoi réside l’essence intime de l’œuvre elle-même, à partir de laquelle seulement on peut évaluer dans quelle mesure l’être-créé lui appartient et dans quelle mesure celui-ci détermine l’être-œuvre de l’œuvre ?
Nous pensons ici « créer » toujours par rapport l’œuvre. L’avènement de la vérité appartient à l’essence de l'œuvre. D’avance, nous déterminons l’essence de la création à partir de son rapport à l’essence de la vérité comme mise au jour de l’étant. L’appartenance de l'ètre-créé à l’œuvre ne peut être mise en lumière qu’à partir d’un éclairement encore plus originel de l’essence de la vérité. La question de la vérité et de son essence se pose à nouveau.
--
Le mot de Nietzsche "Dieu est mort"
Ainsi le mot « Dieu est mort » signifie : le monde suprasensible est sans pouvoir efficient. Il ne prodigue aucune vie. La Métaphysique, c’est-à-dire pour Nietzsche la philosophie occidentale comprise comme de la vérité du monde suprasensible et de son rapport à l'essence de l'homme.
Le nihilisme au sens nietzschéen du mot ne recouvre donc aucunement l'état de fait purement négatif qu' "on ne peut plus croire au Dieu chrétien de la révélation biblique" (...)
----
D’après cette note, Nietzsche conçoit le nihilisme comme un processus historique. Il interprète ce processus comme la dévalorisation des valeurs jusqu’alors suprêmes. Dieu, le Monde suprasensible comme monde véritablement étant et omnidéterminant, les Idéaux et les Idées, les Fins et les Causes qui orientent et supportent tous les étants et plus spécialement la vie humaine* tout cela représente ici les valeurs suprêmes. L’opinion courante comprend encore de nos jours ces valeurs suprêmes comme le Vrai, le Bien et le Beau : le Vrai* c’est-à-dire ce qui est réellement ; le Bien, c’est-à-dire ce qui partout importe ; le Beau, c’est-à-dire l’ordre et l’unité de l’étant dans son entier. Mais ces valeur suprêmes se dévalorisent déjà, dans la mesure où l'on commence à entrevoir que le monde idéal n’est guère susceptible d’être jamais réalisé dans le monde réel et sensible.
---
pourquoi des poètes ?
La parole est l’enceinte ( templum),c’est-à-dire la demeure de l’être. L’essence de la langue ne s’épuise pas dans la signification ; elle ne se borne pas à la sémantique et au sigle.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire