dimanche 15 mars 2026

Le mythe de l'Etat - Ernst Cassirer

Le mythe de l'Etat - Ernst Cassirer

Première partie

qu'est ce qu'un mythe ?

CH1 LA STRUCTURE DE LA PENSÉE MYTHIQUE


Des problèmes totalement inconnus des penseurs du XVIII* et du XIXe siècle ont été soudain mis sur le devant de la scène. L’apparition d’un nouveau pouvoir : celui de la pensée mythique, est probablement le trait le plus marquant et le plus préoccupant dans ce développement de la pensée politique moderne. #important

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Les générations qui ont suivi ont adopté une attitude bien plus sobre à son égard. Elles ne se sont plus beaucoup intéressées à sa signification métaphysique. C’est empiriquement qu’elles ont pris la question et c’est empiriquement qu’elles ont tenté de la résoudre. Son charme originel n’a, toutefois, jamais totalement disparu. 

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 « La poésie, écrira Novalis, est ce qui est absolument et fondamentalement réel. C’est le noyau de ma philosophie. Plus il y a de poésie, plus il y a de vérité. »

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On trouve selon lui deux groupes de savants et de scientifiques. 

 Le premier est guidé par le principe d’« homogénéité », le second par celui de « spécificité ». Le premier tend à réduire les phénomènes les plus disparates à un dénominateur commun, tandis que le second refuse d’accepter tout ce qui prétend être de l’ordre de l’unité ou de la ressemblance. 

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  Du fait d’une telle perspective, le mythe finit par devenir un enchaînement de syllogismes suivant des règles précises, comme si cela avait toujours été le cas.

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 La société n’est pas la seule à être divisée en différentes classes, tribus ou clans ayant des fonctions, des coutumes et des obligations sociales différentes. On retrouve cette même division partout dans la nature.

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 CH 2 MYTHE ET LANGAGE

 Le langage présentait constamment un caractère logique, alors que le mythe défiait toutes les lois de la pensée en étant incohérent, capricieux et irrationnel. Pouvait-on surmonter cette contradiction apparemment insoluble ?

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 On trouve, il est vrai, en tout langage, une part de logique et de rationalité, mais aussi quantité d’erreurs et d’illusions. Son effectuation même est cause d’erreurs. Tout langage est en effet constitué de termes généraux et là où il y a généralité il y a ambiguïté.

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 CH 3 MYTHE ET PSYCHOLOGIE DES EMOTIONS

 En Allemagne, Herbart et son école avaient développé une théorie mécanique des émotions réduisant celles-ci à un certain nombre de relations entre les perceptions, les représentations et les idées.

Cette thèse se prolongea jusqu’à ce que Ribot développe une théorie prenant le contre-pied du rationalisme, qu’il présenta comme une thèse psychologiste. Dans la préface de son ouvrage sur la psychologie des émotions, il rappela que la psychologie des différents états émotionnels demeurait encore confuse et arriérée par rapport à d’autres domaines de la recherche en psychologie. On avait toujours accordé la préférence à d’autres études, comme celle de la perception, de la mémoire ou des images. Or, le présupposé assimilant les états émotionnels à des états intellectuels, soit pour les confondre soit pour réduire les premiers aux seconds, conduisait à l’erreur. Les états émotionnels n’étaient pas des états purement secondaires ou dérivés ; ils n’étaient pas de simples qualités, modes ou fonctions des états intellectuels. Ils étaient au contraire fondamentaux, autonomes, irréductibles à l’intelligence ' ainsi qu’aptes à exister hors d’elle et sans elle.

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 LA REPUBLIQUE DE PLATON

Admettre la poésie impliquait d’admettre le mythe et cela ne pouvait pas se faire sans s’opposer aux efforts mêmes de la philosophie et sans miner les fondations de l’État platonicien. Seul le fait de chasser le poète de la cité idéale était en mesure de protéger celle-ci contre l’intrusion de forces subversives et hostiles. 

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