samedi 31 janvier 2026

Les pages immortelles de Goethe

Les pages immortelles de Goethe

Poésie et vérité

Car en ce temps-là déjà s’était affermi chez moi un principe fondamental, sans que je puisse dire s’il m’avait été inspiré, ou s’il avait été éveillé en moi, ou s’il était né de mes propres réflexions. Le voici : dans tout ce qui nous est transmis, et particulièrement par écrit, ce qui importe, c’est le fonds, l’être intime, le sens, la direction de l’ouvrage; c’est là que se trouve ce qui est originel, divin, efficace, intangible, indestructible; ni le temps, ni les influences, ni les conditions extérieures n’ont de prise sur ce fonds primitif, du moins pas plus que la maladie du corps n’en a sur une âme bien faite. La langue, le dialecte, les idiotismes, le style et enfin l’écriture, devaient donc être considérés comme le corps de tout ouvrage de l’esprit. 

 

Dédicace

Le matin se leva' ses pas effarouchèrent le sommeil léger qui m'enveloppait de douceur; éveillé, je quittai ma chaumière paisible et gravis la montagne, l’âme joyeuse; à chaque pas je goûtais le charme de la jeune fleur qui, pleine de rosée, s’inclinait; l’aube nouvelle se levait dans l'enchantement et tout était recréé pour me recréer.

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Oui, m’écriai-je, me prosternant avec béatitude, depuis longtemps je sens ta présence; tu me donnas la paix, quand la passion sans frein fouillait mes jeunes membres; comme avec des ailes célestes, doucement tu as rafraîchi mon front dans la chaleur du jour; tu m’as dispensé les dons les meilleurs de la , et chacun de mes bonheurs, je ne veux le devoir qu’à toi seule.

 

Les souffrances du jeune Werther

La vie de l’homme n’est qu’un songe; la remarque n’est pas neuve, et cette idée m’accompagne en tous lieux.

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3 nov

 Ma souffrance est vive, car j’ai perdu ce qui faisait les seules délices de mon existence : la sainte force de vie qui autour de moi créait des mondes. Elle n’est plus... 

 

Wilhelm Meister

« Le devoir de l’éducateur ne consiste pas à préserver l’homme de l’erreur, mais à le diriger lorsqu’il s’égare; laisser même le disciple boire l’erreur à longs traits, telle est la sagesse du maître. Celui qui ne fait que tremper ses lèvres dans l’erreur la ménage longtemps; il la chérit comme un rare bonheur, mais celui qui vide la coupe apprend à connaître son égarement, à moins qu’il ne soit un insensé. »

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. La religion qui repose sur le respect de ce qui est au-dessus de nous, nous l’appelons ethnique; c’est la religion des peuples et le premier degré dans l’affranchissement d’une crainte vile; toutes les religions que l'on dénomme païennes sont de cette sorte, sous quelque vocable qu’elles soient désignées. La deuxième religion, qui se base sur le respect que nous ressentons pour ce qui est pareil à nous, nous l’appelons philosophique, car le philosophe qui se place au centre de tout doit rabaisser jusqu’à lui tout ce qui lui est supérieur et hausser jusqu’à lui tout ce qui lui est inférieur, car c’est seulement dans cette position moyenne qu’il mérite le nom de sage. 

 

 

 

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