lundi 30 mars 2026

K-punk - Mark Fischer

 K-punk - Mark Fischer

 Est-il possible de retrouver, quand on vieillit, l’effet que des livres, des albums et des films ont eu sur nous quand on avait entre 14 et 17 ans? Les périodes de ma vie adulte où je me suis senti le plus malheureux ont été celles au cours desquelles j’avais renoncé à toute fidélité pour ce que j’avais découvert, à l’époque, dans les pages de Joyce, Dostoïevski, Burroughs, Beckett, Selby... J’aurais pu prendre n’importe lequel de ceux-là, mais je choisis Kafka, parce que, entre tous, c’est celui qui a été mon compagnon le plus intime et le plus régulier.

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 Le fascinant potentiel de déstratification de la neuroéconomie tient alors à la possibilité de l’utiliser contre ses buts avoués. Énième programme d’asservissement du Kapital, le but de la neuroéconomie est d’induire le genre de compulsion-répétition idiotique décrite par Burroughs et Downham. Selon Rita Carter, dans mapping the Mind, «quand la pensée entre en conflit avec l’émotion, le système neuratjde notre cerveau accorde la victoire à cette dernière». Le corps spinozistfl sans programme d’organisation vise à renverser cet ordre de priorité^ contribuant par des cartes abstraites à ce que les fins de la raison prennent le pas sur les émotions. De sorte que k-punk est aussi neuropunk: un recâblage intensif des circuits neuronaux de l’humanité.


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